Avant l’interview
Sammy : Ça me fait plaisir de t’entendre. Tu rentres de l’école, là ? Tu as du boulot ce soir ?
César : Non, ça va. J’ai pas beaucoup de devoirs. Les profs, ils m’en donnent pas beaucoup. C’est plutôt pas mal.
Sammy : Tu es en quelle classe maintenant ? En 4e ?
César : 4e.
Sammy : Ça se passe bien ? Tu kiffes le collège ?
César : Ouais. Je kiffe pas le collège, mais comme tous les enfants. Mais non, en vrai, ça se passe super bien.
Sammy : Ça me fait plaisir parce que je te suis sur les réseaux à distance et on n’a pas trop l’occasion d’échanger, mais je vois tout ce que tu fais. Ça m’impressionne de voir à quel point tu es consistant et engagé pour ta cause. C’est pour ça que j’avais envie qu’on prenne un moment pour en discuter et te mettre un peu en avant à mon échelle.
César : Yes !
Le livre
Sammy : J’ai lu ton livre, que j’ai trouvé vraiment très cool. J’ai trouvé ça très bien construit aussi avec les paroles de tes chansons : on découvre ton discours, mais en même temps ton travail et ta musique. Comment tu as eu l’idée de faire ce bouquin ? Comment est arrivée l’idée de sortir un livre ?
César : En fait, j’ai fait un spectacle à l’Académie du Climat, et avant moi, il y avait Tiphaine D, qui est une personne qui fait des sketchs sur le féminisme, qui parle en “féminine”, je crois, donc un langage complètement féministe. Et j’adore, c’est trop drôle, c’est génial.
On s’est rencontrés là-bas et elle a parlé de moi à Sandrine, à Sandrine Roudaut, qui est dans la maison d’édition La Mer Salée où ils voulaient faire une collection sur les jeunes, pour donner la parole aux jeunes.
Et Sandrine, elle s’est dit qu’elle devrait me proposer de faire un essai pour expliquer ce que je fais.
Du coup, ils m’ont contacté, je l’ai fait et j’ai adoré. C’est une super expérience.
« Artiviste »
Sammy : Maintenant, chanteur, auteur, acteur… où est-ce que tu t’arrêtes ? Parce qu’en lisant ton livre, ça va finir à la présidence, tout ça !
César : Non, dans les limites de l’art. Après, si présider c’est un art, je sais pas, faut voir par rapport à quelle politique.
Sammy : Tu es un « artiviste ». J’ai bien aimé ce mot. C’est toi qui l’as inventé ?
César : Non, je crois que c’est Yannick qui nous l’avait proposé, donc Yannick Roudaud. C’est avec lui que j’ai fait les interviews pour écrire le livre.
Et du coup, Yann nous a dit : « Mais en fait, un artiviste. » Et c’est vrai que « artiviste », c’est le mélange de « art » et « activiste », et cette définition me convient à fond.
Utiliser l’art pour changer les imaginaires
Sammy : Dans ton livre, tu expliques que tu veux développer ton art à travers le cinéma, la musique, les livres, gagner en notoriété, parce que tu penses que ça peut t’aider à faire passer ton message. C’est bien ça ?
César : Ouais. Je pense que l’art, c’est ce qui peut aider à changer les imaginaires. Parce que les gens se réfèrent aux films, aux livres, aux musiques, aux tableaux. Ils se réfèrent à ce qu’ils voient et à ce qu’ils comprennent avec leurs sens.
Et je pense que l’art, ça peut aider à donner d’autres recettes d’un autre monde qui serait meilleur pour l’environnement, et aider à changer l’imaginaire des gens et ce qui leur donne envie.
Par exemple, si tu représentes quelqu’un avec une grosse voiture, qui fume, qui a une meuf de 20 ans de moins que lui, forcément les personnes qui vont voir ça, elles vont se dire : « Ce qu’il faut pour réussir, c’est donc être en couple avec une personne 20 ans de moins, fumer, etc. »
Alors que si tu représentes une personne qui vit sa meilleure vie, mais en faisant du vélo, avec quelqu’un qui l’aime et pas forcément pour l’argent, avec pas forcément une grosse voiture, mais une sobriété, et en fait il a besoin de rien d’autre, avec un potager, des animaux, etc., les gens, ils vont y aller aussi.
En fait, il faut montrer le bon exemple avec la joie.
L’art, le rap et les causes
Sammy : Quelle est ta vision de l’art aujourd’hui, de la musique ou du cinéma tels qu’ils sont présentés dans les médias mainstream ? Et le rap et le hip-hop ne sont pas forcément les premiers styles qu’on associerait à la défense de l’environnement. Comment tu vois ça ?
César : Déjà, ce que je pense de l’art aujourd’hui, c’est que l’art ne défend pas assez l’environnement.
Je trouve que l’art, de base, c’était pour dénoncer, par exemple, les conditions de vie défavorables dans les ghettos. L’art est fait pour exprimer une idée et défendre une cause. Et je trouve qu’il n’y a pas assez d’idées globales qu’on défend dans l’art en ce moment.
Le rap, c’est vrai que c’est pas forcément un art qui peut faire penser à l’environnement. Mais le rap, c’est la musique la plus écoutée en France. Et moi, mon but, c’est vraiment de sensibiliser le plus grand nombre de personnes.
La première scène
Sammy : J’ai beaucoup aimé l’anecdote de ta première scène ouverte. La première fois, tu n’avais finalement pas osé monter, puis la fois d’après tu l’as fait. Qu’est-ce qui s’est passé en toi quand tu as vu ces rappeurs devant le public, puis quand tu es monté sur scène à ton tour ?
César : Déjà, j’avais vachement peur parce que c’était la première fois que je le faisais pas en playback. Alors, je la connaissais par cœur, la chanson. Mais comme on voit sur la première vidéo, je suis hyper concentré sur mon texte et je n’ai aucun jeu de scène.
Mais ce qui m’a aussi aidé à aimer ça, c’est que le public était chaud et qu’il gueulait dans tous les sens, même si je faisais pas vraiment de jeu.
Et après, les rappeurs, ils me faisaient un peu peur parce qu’ils osaient, eux. Ils connaissaient leurs morceaux et ils rendaient chaud le public. Et je pense que voir qu’ils transmettaient cette énergie, ça m’a fait un peu peur au début.
Après, j’avais peur, mais quand j’ai osé et que je l’ai fait, j’étais tout rouge. Après, j’étais hyper content et c’est la dopamine qui m’a aidé à refaire des scènes.
Richesse, luxe et bonheur
Sammy : Est-ce que les médias mettent surtout en avant ce qui est superficiel ? Des comportements superficiels qui sont valorisés au détriment d’une réflexion plus profonde ?
César : En fait, ça montre que les gens, ils sont riches, et dans notre société, être riche, c’est égal à être heureux. Mais pas du tout.
On nous vend des jets privés, on nous montre plein de choses.
Mais en fait, le luxe, faut le déconstruire. C’est pas du tout bien. Ça dégrade la biodiversité, ça rend pas forcément heureux, ça ne va pas donner un monde meilleur.
Et en vrai, quand on regarde vraiment ce que c’est, ça donne pas du tout envie. C’est juste des grosses entreprises qui se font beaucoup d’argent sur des faux imaginaires incrustés dans le monde.
Médias, pouvoir et liberté d’expression
Sammy : Tu parles dans ton livre de personnes très riches qui se retrouvent avec les clés de l’éducation ou des médias. Comment est-ce que tu vois cette concentration du pouvoir et ce besoin de défendre des intérêts personnels et financiers ?
César : En fait, je trouve ça nul parce que ça ne donne pas la parole au peuple.
Si, imaginons, une personne possédait tous les médias sur la Terre, ce serait terrible. Il y aurait plus de liberté d’expression.
Donc il faut que ce soit réparti, que ce soit entre différentes personnes, de différentes couleurs de peau, de différents milieux, de différentes richesses, comme ça il y a de la liberté d’expression et il y a pas une seule idée défendue.
Après, c’est sûr que maintenant, à notre époque, on nous balance plein de choses et il faut vérifier les sources parce qu’il peut y avoir de tout et de n’importe quoi.
Mais je pense que si une seule personne possède tout, elle va diffuser beaucoup la même chose pour essayer d’enrôler les gens avec des idées qui peuvent être fausses, ou juste pour servir son intérêt personnel.
Donc non, faut que ce soit bien réparti, qu’il y ait des journaux partout, qu’on ait plein de sources, qu’il y ait plein de choix, de liberté d’expression.
Le monde de 2050
Sammy : Au début de ton livre, tu décris ta vision du monde en 2050. Ce monde ne peut pas vraiment cohabiter avec le système tel qu’il fonctionne aujourd’hui : il suppose des changements importants dans la façon dont les gens agissent, pensent et dans la façon dont le monde est dirigé. Comment est-ce qu’on arrive jusque-là ?
César : C’est sûr que là, on n’est pas du tout dedans, mais en fait c’est l’effet boule de neige.
Au départ, on est un petit groupe, mais on est en train de grandir.
Moi, je connais quand même pas mal de personnes dans le milieu de l’activisme, dans les luttes locales où je vais, dans les manifestations, etc.
Et c’est sûr que plus on ira, plus d’autres personnes iront. Il faut convaincre sa famille, ses amis…
Donc faut vraiment s’engager à son niveau et que, comme ça, petit à petit, tout le monde y aille et qu’on soit tous finalement à être décroissants, sobres et à vouloir faire des potagers n’importe où.
La « claque climatique »
Sammy : Dans ton livre, tu parles de cette fameuse « claque climatique ». Avant le Covid, ta famille avait déjà une conscience de l’environnement et faisait des écogestes, mais pendant cette période, cette conscience est devenue une claque climatique. C’est quoi, la claque climatique ? Et comment on peut se la prendre et aider les autres à se la prendre ?
César : La claque climatique, c’est quand tu te renseignes, que tu te réfères aux chiffres des experts et que tu réalises l’urgence.
Quand tu te rends compte qu’il y a de l’urgence et qu’il faut y aller maintenant, tu te prends une énorme claque.
Alors parfois, tu ne sais pas trop comment réagir et ça peut rendre certains gens écoanxieux.
Mais pour ne pas être anxieux, il faut direct se bouger, direct faire des manifs, rencontrer d’autres personnes qui se demandent quoi faire, former des projets, etc. Et puis il faut en parler autour de soi.
Après, pour faire prendre sa claque climatique aux autres, il faut d’abord les aider à se poser des questions sur le dérèglement climatique, leur montrer des articles et les aider à se renseigner eux-mêmes.
En fait, on ne sensibilise pas les autres, on les aide à se sensibiliser. Parce que si la personne en face ne veut pas, elle n’y arrivera certainement pas. C’est comme arrêter de fumer, par exemple : faut vraiment le vouloir pour le faire.
Après, quand je dis « l’urgence climatique », c’est pas que si on le fait pas maintenant, aujourd’hui, par exemple, c’est mort. Non. C’est : plus on fait tôt, plus on devient sobres, plus on arrivera à arrêter le dérèglement climatique tôt.
Expliquer aux enfants
Sammy : L’art permet aussi d’adapter le discours au public. Chacun peut trouver une BD, un livre, une chanson, un film ou un documentaire adapté à son niveau de compréhension et à ses connaissances du moment.
César : C’est ça exactement. Mais tout le monde peut comprendre.
Souvent, on dit que les enfants peuvent pas comprendre, mais les enfants aussi, ils peuvent comprendre. Faut juste bien leur expliquer avec leurs mots.
Donc oui, il faut que tout le monde trouve comment s’expliquer à soi-même et réussir à prendre sa claque climatique.
Après, je trouve qu’en ce moment, il y a des films qui sont très pessimistes. Je pense qu’il faut mettre un peu plus d’optimisme dans l’art pour donner envie aux gens de changer.
Pourquoi le discours écologique ne passe-t-il pas davantage ?
Sammy : On entend parler de réchauffement, de pollution, d’énergies fossiles et de transition écologique depuis très longtemps. Pourtant, on a parfois l’impression que beaucoup de gens restent hermétiques à ce discours. Comment tu l’expliques ?
César : En fait, ça dépend aussi. Il y a des médias qui disent des fausses informations et du coup les gens disent : « Ouais, bah il fait chaud. »
Par exemple, il y a des médias qui disent que c’est des cycles de réchauffement et de refroidissement de la Terre, mais pas du tout. On est vraiment en train de constater un dérèglement climatique.
Après, ce qu’il faut faire, c’est vraiment essayer de se renseigner un maximum par soi-même et essayer de sensibiliser sa famille, etc.
Mais après, les lobbies aussi, ils font n’importe quoi parce qu’ils nous disent de surconsommer, d’acheter et, en fait, ils nous mentent alors qu’il faut justement faire tout l’inverse. Mais c’est aussi pour leur intérêt particulier, pour leur argent.
Par exemple, TotalEnergies. Il y avait Jean Jouzel qui disait qu’il fallait arrêter de surconsommer à Patrick Pouyanné, qui est le PDG de Total.
Et Patrick Pouyanné a dit : « Oui, mais il y a aussi la vie réelle. »
Mais la vie réelle, on peut la changer si on veut. « La vie réelle », ça veut rien dire, parce qu’ils mentent juste pour se faire de l’argent. En plus, ils dégradent la vie de personnes au Yémen, en Ouganda, à plein d’endroits, juste pour nos petits intérêts particuliers de : « On a besoin de pétrole. »
Alors bien sûr, on en a besoin. Mais moi, je trouve qu’on devrait le réserver qu’aux ambulances, par exemple, ou aux personnes à mobilité réduite qui ont peut-être besoin d’une voiture.
Mais vraiment, tout le monde a une voiture. Les gens ont des fois même deux voitures par foyer et c’est énorme. Alors qu’en fait, on peut faire plein de choses sans voiture : le vélo, la marche. En plus, c’est bon pour notre corps.
On n’a pas tant besoin que ça du pétrole dans la vie réelle.
La place des enfants
Sammy : Tu crois beaucoup au pouvoir des enfants pour sensibiliser autour d’eux. Est-ce que tu trouves qu’on n’écoute pas assez les enfants dans notre société ?
César : C’est bien ça, exactement.
Je trouve que les enfants ne sont pas assez écoutés alors que c’est eux aussi leur monde.
Et par exemple, moi, je considère qu’on devrait avoir le droit de vote, nous, les enfants.
Il faudrait simplement leur expliquer ce que les partis votent à l’Assemblée nationale et pas faire confiance qu’au programme, comme ça, aveuglément, pour choisir quoi voter.
C’est une règle parmi tant d’autres, mais une fois que l’enfant a compris comment ça se passe, il pourrait voter parce que c’est aussi quelqu’un dans ce monde qui a besoin qu’on l’écoute.
Les enfants ne sont pas assez écoutés et pourtant on est quand même une part de la population.
Et les enfants, ils sont capables de faire plein de projets. Il y a plein de projets dans les écoles qui sont organisés.
Je sais pas moi, des vélobus, par exemple. Les gens qui sont plus loin de l’école, ils y vont à vélo, ils récupèrent petit à petit les personnes qui sont de plus en plus proches, et au bout d’un moment ça fait un grand groupe de vélos.
C’est ça, un vélobus. C’est comme un bus, sauf que c’est tous les élèves à vélo.
Du coup, les enfants sont capables de créer aussi plein de projets. Mais c’est juste qu’il faut les écouter et leur répondre parce que c’est important et que c’est aussi leur monde.
Et en fait, tout le monde a une part d’enfant.
Les enfants, ce qui est très important chez eux, c’est qu’ils ont trois grands pouvoirs : ils ont plein d’énergie, ils ont un très grand lien avec la nature, la biodiversité, l’environnement et surtout, ils font preuve d’empathie.
Et ça, c’est incroyable.
Par exemple, je pense que pas mal d’enfants peuvent pleurer devant un film parce que quelqu’un est mort, ou un animal, alors que des adultes peuvent se dire : « Bah nous, on va pas pleurer. »
Les enfants aussi savent que c’est faux, mais ils se projettent vraiment dans le film et du coup ils sont tristes à cause de ça.
Et du coup, c’est très important à retenir : les enfants, ils ont plein d’énergie, beaucoup d’empathie et un très grand lien avec la nature. C’est pour ça qu’il faut la protéger pour eux.
Le Père Noël, l’imagination et l’enfance
Sammy : Ton papa m’avait expliqué que tu n’avais jamais été maintenu dans l’illusion que le Père Noël ou la petite souris existaient. Pourtant, ça ne t’a pas empêché de passer des Noël heureux ou d’avoir de l’imagination. Est-ce que les enfants sont capables de beaucoup plus que ce qu’on laisse entendre et mériteraient qu’on écoute davantage leur voix ?
César : Oui.
Les enfants de mon école, quand j’étais en primaire, je me souvenais de plein d’enfants qui ont été déçus parce qu’ils ont appris que le Père Noël existait pas et qu’en fait leurs parents leur mentaient.
Et ça leur faisait vraiment mal au cœur de savoir que leurs parents leur mentaient.
Après, il y en a certains qui étaient là : « Oh non, c’est génial ! » Mais il y en a aussi beaucoup qui l’ont appris par eux-mêmes, en les espionnant un peu et tout pour voir le Père Noël, sauf qu’en fait il existait pas.
Et moi, par exemple, quand mes parents ont décidé de pas me faire croire au Père Noël, c’était plutôt ma mère parce que mon père, il allait reproduire le schéma par automatisme, comme un grand nombre de personnes.
Et ma mère lui a dit : « Ah non, on lui fait pas croire au Père Noël. » Et mon père a fait : « Ah bah oui, ça pourrait être trop bien, effectivement. »
Mais quand ils l’ont dit à mes grands-parents, mes grands-parents ont envoyé un message à mon père en disant : « Non, mais ton enfant, il sera privé d’imagination, il n’aura aucune imagination, Noël sera plus magique et tout. »
Alors moi, je peux imaginer que je joue au tsunami en slip sur le lit. Alors je peux te dire qu’en termes d’imagination, ça devrait aller !
Et Noël, pour moi, c’est génial parce que tu es avec la famille.
Je pense que justement, ça, c’est très important. Au lieu de faire du surconsumérisme, de faire du shopping, par exemple, d’aller à Dubaï en avion, etc., passer du temps avec sa famille, c’est super important et c’est aussi des très bons moments.
Les téléphones et l’hyperconnexion
Sammy : Dans ton livre, tu dis que tu veux attendre 15 ans avant d’avoir ton premier téléphone. Quelle est ta vision de ce monde hyperconnecté ? Qu’est-ce qui est bien et moins bien, notamment par rapport à ce que tu vois chez les autres collégiens ?
César : En fait, j’ai déjà une tablette à la maison pour voir les devoirs. Tu es obligé d’en avoir et d’avoir un écran, avec Pronote.
Et je trouve que je suis déjà assez accro dessus pour avoir un téléphone.
Après, quand je vois mes copains et copines qui ont des téléphones, ils sont vachement dessus. Et puis moi, ma tablette, elle peut rester à la maison. Donc je trouve que ça, c’est bien.
D’un côté les téléphones c’est bien parce qu’on peut quand même se parler même si on est autre part, on peut quand même se voir en appel, etc.
Mais après, c’est vrai que, par exemple, dans le bus, si tu vas dans le bus avec tous les collégiens, tu verras qu’ils sont tous sur leur téléphone.
Et des fois, il y a des potes qui sont à côté, qui se parlaient avant en primaire, et ils se parlent beaucoup moins puisqu’il y a les téléphones.
C’est hallucinant, parce que les téléphones absorbent vraiment toute notre énergie, alors qu’en fait on a des personnes avec qui parler à côté.
Mais après, je trouve que ça peut être important pour se parler à distance et pour se renseigner, parce que c’est sûr que ça aide avec les médias et pour faire circuler l’information.
Faut-il être irréprochable pour être écologiste ?
Sammy : On a souvent une écologie un peu culpabilisante. Dans ton livre, tu expliques que chacun peut lutter à son niveau. Est-ce qu’être engagé écologiquement signifie qu’il faut être absolument irréprochable : ne plus manger de viande, tout faire à vélo, avoir des toilettes sèches, recycler toute son eau, etc. ?
César : Pour moi, non. Faut pas être irréprochable parce que déjà, ça peut écarter des gens qui vont pas oser parce qu’ils vont se dire : « Ah mince, je peux pas être irréprochable. »
Et en plus, déjà, faire des petites actions petit à petit, c’est super et c’est déjà une réussite.
Par exemple, je parle du bœuf à mes copains, alors moi, j’aime pas ça donc c’est très simple d’arrêter, mais je continue à manger de la viande quand même.
Des fois, pour déménager des choses, on utilise la voiture. On en a besoin. C’est sûr qu’on l’utilise moins que d’autres personnes, mais on n’est pas irréprochables.
Et pour mes amis, du coup, je leur dis : « Le bœuf, ça pollue ».
Et je leur dis : « Avant d’arrêter votre consommation de viande, enfin, limitez-la. »
Normalement, d’un humain en moyenne, c’est une fois de la viande dans un repas par semaine. Mais dans notre monde, les gens consomment beaucoup plus de viande.
Donc ce qu’on peut dire aux autres, c’est déjà : « Commence par essayer de manger un peu moins de viande cette semaine. Essaie de voir si tu peux pas remplacer cette viande par une viande moins émettrice. »
Mais après, on peut pas être irréprochable en étant écolo parce que sinon ce serait trop dur et il y a plein de personnes qui s’écarteraient de la lutte.
Les contradictions de la transition écologique
Sammy : Même quand on essaie de faire mieux, il y a toujours des contradictions. Une maison autonome nécessite par exemple des panneaux solaires et des matériaux qui ont eux-mêmes dû être fabriqués et transportés. Et pour diffuser ton message, ton livre ou ta musique, il est très difficile aujourd’hui de se passer de Meta, Instagram, WhatsApp, YouTube, etc. Comment tu vois ces contradictions ?
César : C’est très dur de faire sortir les gens de leur zone de confort.
Déjà, commencer à changer, c’est le plus dur.
C’est comme se lever le matin : tu as pas envie de soulever la couette pour aller dans le froid juste pour aller au collège. Mais une fois que tu as commencé à te lever et que tu descends pour petit-déjeuner, finalement maintenant c’est plus dur. Bon, tu es un peu fatigué, mais le plus dur est fait.
Et en fait, c’est ça aussi, le climat : le plus dur, c’est de commencer à changer.
Mais je pense qu’en fait, si on essaie tous de réduire au minimum notre empreinte, si possible vraiment à deux tonnes par an par personne, de toute façon, on sera obligés de réussir avant 2050, et bien, on va le faire.
César acteur
Sammy : J’aimerais qu’on parle un peu de cinéma, parce que c’est ta nouvelle casquette. Qu’est-ce qui te plaît dans le cinéma ?
César : Déjà, ça fait un art de plus. Du coup, je suis content parce que ça me donne des idées.
J’aimerais bien être réalisateur de films sur le climat, mais bon, c’est encore à fond en projet.
Et moi, ce qui me plaît en étant acteur, c’est l’équipe. Il y a beaucoup de monde avec qui échanger.
Et c’est comme la scène, ça donne de la dopamine, sauf que la scène, ça donne tout d’un coup après.
Alors que le cinéma, c’est un peu pendant tout le tournage. Enfin, un peu tout le temps pendant tout le tournage.
Du coup, tu es à fond pendant tout le tournage. Après, ça redescend. Mais moi, j’adore le tournage pour ça.
Et après, tu as le résultat final qui est là, que tu peux voir, que tu peux montrer aux gens, et ça dure. C’est pour toujours après, quoi.
Et puis c’est fou parce que le montage, ça peut tout changer dans un film.
Et puis un film, ça passe par plein d’étapes. Les VFX, les effets spéciaux, d’abord il y a la réalisation, il y a aussi le montage…
Et puis c’est rigolo, il y a plein de choses. Il y a le son, les caméras, faut tout régler au millimètre près, faut régler la bonne focale.
Enfin, c’est incroyable. Il y a plein de choses sur un tournage qui sont nouvelles pour moi, j’adore.
Actualité cinéma
Sammy : Tu as fait Poisson Lune en 2023, Les femmes et les enfants d’abord, Binge Box, La Maison immobile en 2025… Et tu viens aussi de tourner une série pour France Télévisions ?
César : C’est ça. C’est La Dernière Veillée. C’est une série qui va sortir sur France Télévisions.
En fait, le pitch, c’est une bande de scouts. Il y a plusieurs groupes de scouts.
Et il y a un groupe de cinq scouts qui, pendant le raid disparaissent.
Et en fait, il y a la demi-sœur d’un des scouts, qui était cheffe, qui s’en veut à fond. Du coup, elle veut les retrouver à tout prix.
Et là, elle croit le voir à un endroit, et du coup ça relance toute l’enquête.
Sammy : Et toi, tu es un de ces cinq scouts ?
César : C’est ça. Je suis le demi-frère de la demi-sœur qui tente de nous retrouver.
Sammy : Donc c’est un rôle important, pas juste de la figuration.
César : Oui, c’est un rôle important, mais tous les rôles sont importants parce que ça joue beaucoup sur le raccord pendant le tournage. Si une personne n’est pas là, c’est catastrophique.
Mais tous les rôles sont importants parce que si on avait pas tout ça, tout ce monde, ça rendrait pas du tout.
Sammy : La Dernière Veillée, c’est prévu pour quand ?
César : On n’a pas encore la date de sortie. C’est pour 2027. En fait, je viens de terminer de le tourner.
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